Maryline rimbault, présidente de d4b
D4B, la voix du sud Deux-Sèvres
Interview complète réalisée par Didier Darrigrand
Boissons et petits gâteaux sur la table, le mercredi après-midi, Maryline Rimbault tient une permanence. Entre deux coups de téléphone, elle a pris le temps de nous parler de « sa » radio, D4B.
D4B, du nom de quatre rivières du Mellois pour Dive, Boutonne, Berlande, et Belle a ouvert ses micros pour la première fois le 26 mai 1982 à 18h. L’association était née quelques mois plus tôt, de la volonté d’une demi-douzaine de Mellois décidés à profiter de la libération de la bande FM. Installée tout d’abord dans le grenier du Centre Socioculturel du Mellois, avec quelques heures d’émission quotidienne, elle a peu à peu occupé l’antenne 24 heures sur 24. Si beaucoup des radios de cette époque ont disparu ou sont devenues des robinets à musique et à publicités, D4B est restée fidèle à ses engagements. Dès l’origine, elle a joué la carte de la proximité et de l’information. Si Maryline Rimbault, n’a pas assisté à ces débuts, elle en est aujourd’hui présidente et
continue d’œuvrer dans le même sens que ceux qui l’ont précédée.
Comment êtes vous devenue présidente de D4B ?
« J’ai été conseillère municipale, puis adjointe à la culture sous le mandat de Yves Debien. Je participais à ce titre au conseil d’administration et aux assemblées générales de D4B. Ça m’a permis de m’y intéresser, à en rencontrer les acteurs et à comprendre son fonctionnement. Je n’avais pas prévu d’en devenir la présidente. C’est Gilbert Coynault et Jean Laurent qui m’ont incitée à prendre le poste. Ils pensaient intéressant que ce soit une femme qui soit à la tête de la radio. »
Eux deux sont partis et vous êtes restée ?
« Je suis présidente depuis une dizaine d’années. Des années qui ont passé très vite. Le rôle d’une présidente est de représenter et d’organiser, mais je fais bien plus car la période est compliquée pour nous. Je suis donc à la fois comptable, juriste et directrice des ressources humaines, mais sans avoir été formée pour cela. »
Comment fonctionne D4B aujourd’hui ?
« Nous employons un journaliste, Yann Brillaud, et une permanente, Virginie Gamain qui est très polyvalente. Il y a toujours beaucoup de bénévoles pour fabriquer et enregistrer des émissions, mais nous manquons de personnes s’impliquant dans le fonctionnement de la structure. Il y a des bénévoles et des auditeurs, mais ce sont les finances qui sont un problème, avec moins de subventions et des coûts en hausse. La solution passera sans doute par plus de publicités, mais ça demande un travail supplémentaire pour lequel nous ne sommes pas formés. Nous voulons trouver des financements locaux. L’association des Amis de D4B nous aide beaucoup, en organisant des manifestations. »
Si les moyens ne sont plus les mêmes, les objectifs d’origine sont toujours présents ?
« Le souhait est le même qu’au début, donner la parole à ceux qui ne l’ont pas toujours, avec pluralité. Il y a sur nos antennes des passionnés. D4B est la voix du Mellois. Nous voulons parler aux gens d’ici des choses qui les concernent directement. Une radio comme D4B est plus nécessaire que jamais. Je l’ai compris pendant le confinement. On arrive dans la cuisine des gens et on leur donne des informations. »
Difficile d’évoquer l’histoire de D4B sans parler de Dédie-Musette. L’émission phare de la radio était là dès le début, elle y est encore. C’est aujourd’hui la seule émission diffusée en direct. La recette d’une telle longévité ? Elle est simple : permettre aux auditeurs de laisser un petit message, une dédicace. Au téléphone et au stylo, Marie-Claude. A la technique, Benoit et au micro, Rolland. Comme D4B, il a pris de l’âge mais n’a rien perdu de son énergie et de sa bonne humeur. La play-liste, préparée par Marie-Claude est joyeuse et populaire, l’accordéon musette sous toutes ses coutures.